Le Peintre de Saint Adrien
Très
jeune, Albert Barubé est attiré par le dessin. Il
se formera la main en reproduisant ses bandes dessinées favorites
sur les murs de sa chambre. Cette méthode doit être
bonne si l'on juge aujourd'hui ses qualités de dessinateur.
Vers l'âge de 18 ans, sa passion le conduit
tout naturellement à se diriger vers l'Ecole des Beaux Arts
de Rouen. Il s'inscrit aux cours du soir.
A cette époque, le jeune Barubé fréquente
déjà assidûment les musées et les expositions.
Il découvre tous les grands maîtres mais aussi les
peintres de l'Ecole de Rouen, en particulier Léonard Bordes.
Il fait la connaissance d'une certaine Michèle
qui réside à Saint Adrien. Michèle devient
Madame Barubé au début des années 1950.
Le jeune couple vit quelques temps à Rouen,
puis s'installe à Saint Adrien. Leur voisin, Monsieur Blainville,
qui dirige alors le célèbre dancing "le Moulin
Rose", connaît les talents de peintre d'Albert. Il lui
offre quelques toiles ébauchées qui étaient
abandonnées dans un coin de son établissement. Nous
sommes dans la période difficile d'après-guerre, ce
cadeau est une véritable aubaine. Dans sa fièvre de
peindre, Albert ne tarde pas à couvrir les toiles de ses
oeuvres. Ce n'est que plus tard qu'il réalisera que ces toiles
étaient des ébauches d'Adrien Segers !
Au début des années 1970, il commence
à exposer dans les salons régionaux. Il admire le
travail du peintre Marcel Cavelier. Lors d'une exposition, il a
l'occasion de rencontrer ce grand artiste qui, avec sa spontanéité
habituelle lui dit : "montre-moi tes toiles". Timidement,
Albert passe favorablement "l'examen". "Tu vas montrer
tout ça à Jean Marc, je vais te présenter"
lui propose Marcel. La rencontre aura lieu quelques temps plus tard
dans le pays d'Ouche. De nouveau, l'examen sera favorable.
Ces rencontres auront un effet stimulant sur la
carrière de peintre d'Albert Barubé, mais surtout
seront le début d'une amitié, d'une fraternité
entre les trois hommes.
A cette même époque, Albert Barubé
fera une autre rencontre importante, celle d'Emmanuel Lemardele.
L'amitié est au rendez-vous, Emmanuel est beaucoup plus jeune
qu'Albert, une complicité s'installe entre les 2 hommes.
Emmanuel ouvre son atelier à Albert qui découvre la
gravure, la technique du monotype et surtout celle du bambou (tige
de roseau taillée en pointe), cette technique qui requiert
une grande maîtrise du dessin convient bien au tempérament
d'Albert Barubé qui aime dessiner d'une manière très
libre.
En 1980, Albert Barubé reçoit la
visite de Claude Chéron et du Docteur Marcel Desbled, tous
deux amateurs d'arts et de vieilles pierres. Les deux compères
souhaitent restaurer la chapelle troglodytique de Belbeuf Saint
Adrien. Ainsi est née l'exposition de peintures et de sculptures
qui a lieu chaque automne au profit de la restauration de la chapelle.
Albert Barubé en est le maître d'oeuvre depuis aujourd'hui
23 ans.
Sottevillais de naissance, féru de BD et
attentif aux cours dispensés par l'école des Beaux
Arts de Rouen, Albert BARUBÉ a voué, non seulement
ses goûts et ses désirs à la peinture, mais
à une oeuvre de longue haleine constituée par la restauration
et la mise en valeur de la petite chapelle nichée dans la
falaise de Saint Adrien, au bord de la Seine.
Cette chapelle, au fil d'un quart de siècle,
Albert BARUBÉ et une valeureuse et généreuse
cohorte d'artistes régionaux lui ont apporté une véritable
renaissance, et leur talent, leur courage en font désormais
l'un des monuments les plus appréciés!
Encouragé par Marcel CAVELIER, Jean MARC,
secondé par Emmanuel LEMARDELÉ, Albert BARUBÉ
a su, au fils des ans, déjouer la tentation impressionniste
pour se créer et faire découvrir une belle personnalité,
à la fois libre mais respectueuse : en toutes techniques
graphiques et picturales, sur une structure ferme, puissamment inscrite
en vitalité et atmosphères, il sait poser l'émotion
d'un instant au cours duquel paysages, marines, personnages et compositions
se partagent son sens de la matière et de la couleur, en
huiles charnelles et généreuses ou en oeuvres sur
papier, fluides, d'une présence insistante en lumière,
en pittoresque et en sincérité.
André RUELLAN, critique d'art
www.art-culture-france.com
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